Anne Marie Bracon
Anne-Marie Bracon : Photographe artisanale, entre héritage et passion
Depuis plus de 40 ans, Anne-Marie Bracon immortalise les instants de vie avec une sensibilité artistique héritée de son père. Portrait d’une photographe qui marie tradition et créativité, toujours guidée par sa quête de l’image parfaite.
« La photo, c’est une histoire de famille »
Anne-Marie Bracon est photographe depuis 43 ans, une vocation transmise par son père, lui-même professionnel de l’image. « J’ai commencé très jeune, à 10 ans, dans le laboratoire familial », raconte-t-elle. Formée avec un CAP en laboratoire noir et blanc, elle se remémore les heures passées à manipuler le révélateur et le fixateur, une époque où chaque cliché semblait magique.
« Voir apparaître une photo dans le révélateur, c’était de la magie. J’y mettais beaucoup d’amour, même si ce n’était pas très conseillé de mettre les mains dedans », confie-t-elle en riant.
« Le portrait, un échange authentique »
Avec le temps, Anne-Marie s’est spécialisée dans le portrait, une discipline qu’elle chérit pour sa dimension humaine. « Ce que j’aime, c’est l’échange avec les gens », explique-t-elle. Les enfants, notamment, captivent son objectif par leur spontanéité. « Ils ne cherchent pas à être beaux, ils sont naturels. C’est ça qui est magnifique », souligne-t-elle.
Les personnes âgées, avec leurs récits de vie et leur sérénité, occupent aussi une place particulière dans son travail. « Le portrait, c’est comme le révélateur en labo : il fait ressortir l’âme profonde de la personne », dit-elle avec passion.
« L’artisanat, c’est construire avec créativité »
Pour Anne-Marie, la photographie est avant tout un métier d’artisan. « On ne construit pas forcément avec les mains, mais avec la créativité », affirme-t-elle. À ses yeux, la technologie, même la plus avancée, ne peut remplacer le regard artistique. « On peut avoir un appareil dernier cri ou un simple téléphone ; sans vision, on ne fait rien. »
Elle partage l’exemple de sa nièce, capable de capturer des clichés magnifiques avec un smartphone, preuve que l’œil du photographe prime sur l’outil.
« Se former, mais à son rythme »
Anne-Marie a bénéficié d’un accompagnement de la Chambre des métiers pour moderniser son activité. Elle a suivi des formations pour améliorer sa présence numérique, bien que celles-ci ne soient pas toujours adaptées à ses besoins. « J’étais débutante et un peu perdue parmi des personnes déjà expérimentées », regrette-t-elle.
Cette expérience met en lumière l’importance d’un soutien plus personnalisé pour les artisans souhaitant s’adapter aux nouveaux outils de communication. « Je n’ai pas de site internet aujourd’hui, mais j’aimerais qu’il existe des formations vraiment dédiées aux débutants », ajoute-t-elle.
« Pas prête pour la retraite »
Alors qu’elle approche de l’âge de la retraite, Anne-Marie n’envisage pas de mettre fin à sa carrière. « Mon père a travaillé jusqu’à 75 ans, je crois que je vais faire pareil », confie-t-elle avec enthousiasme.
Pour cette photographe passionnée, chaque portrait est une nouvelle histoire à raconter, un nouveau défi à relever. En perpétuant l’héritage familial, Anne-Marie Bracon incarne une tradition artisanale qui trouve sa place dans une ère numérique, sans jamais perdre de vue l’essence même de son art : révéler la beauté de l’instant.