Eric Andreatta

L’art au quotidien : Rencontre avec Eric Andreatta, un créateur aux multiples facettes

Dans un coin tranquille de Vallauris, connu pour son riche héritage artistique, Eric Andreatta transforme des objets ordinaires en œuvres d’art remarquables. Rencontre avec un artiste qui brouille les frontières entre utilitaire et artistique.

"Je ne me pose pas la question utilitaire, artistique" - Eric Andreatta

Une réflexion sur le quotidien

Dans une conversation animée et pleine de réflexions profondes, Eric Andreatta commence par évoquer son rapport aux objets du quotidien. « C’est le quotidien qui t’amène à une réflexion. Et après avec cette réflexion, tu fais un travail », explique-t-il. Pour lui, la frontière entre l’utile et l’artistique est floue. Il ne se pose pas la question de savoir si ce qu’il fait est utilitaire ou artistique. « Quand tu écris un poème, c’est utilitaire ou artistique ? » interroge-t-il, suggérant que la valeur d’un objet ou d’une création ne se limite pas à une seule dimension.

La maison comme œuvre d’art

Eric Andreatta, qui a construit sa propre maison à partir de matériaux récupérés, parle de son processus de création de manière pragmatique. « J’avais besoin d’une porte, j’avais des bouts de ferraille. J’ai fabriqué une porte, mais c’est juste dicté par quelque chose de pratique », raconte-t-il. Pour lui, sa maison n’est pas une œuvre d’art en soi, même si d’autres pourraient la voir ainsi. « Moi je dis que c’est une maison, c’est tout », affirme-t-il avec simplicité.

Le regard des autres

Quand on lui demande s’il se considère comme un artiste, sa réponse est nuancée. « Ça dépend qui le dit », dit-il. Il admet que le regard des autres est important, qu’il soit positif ou négatif. « À partir du moment où tu fais quelque chose et que tu le donnes à voir, le regard des autres est important », explique-t-il. Pourtant, il insiste sur le fait que lors de la création, il est seul avec son travail, sans se soucier du jugement extérieur.

"Je récupère ce dont j'ai besoin pour faire ce que je veux"

L’art de la récupération

L’une des particularités de l’œuvre d’Eric Andreatta est son recours constant à la récupération. « Si j’ai besoin de tubes, je sais où aller », dit-il, soulignant son réseau bien établi pour trouver des matériaux usagés. Pour lui, la récupération est avant tout une question de coût et de praticité, même si l’aspect écologique n’est pas négligeable. « C’est moins cher que quand tu l’achètes neuf », précise-t-il. Cette approche pragmatique est au cœur de son processus créatif, où il utilise des objets déjà existants pour répondre à ses besoins artistiques.

Une installation en devenir

Parlant de ses installations vidéo, il explique comment il récupère des objets spécifiques pour ses projets. « J’ai besoin d’une chaise. Je vais aller chercher une chaise », dit-il, en décrivant une de ses œuvres où il casse une chaise avec une masse. Pour lui, l’objet de récupération n’est qu’un moyen d’atteindre un but artistique, et non une fin en soi.

Une nouvelle série de toiles

Actuellement, Eric Andreatta travaille sur une nouvelle série de toiles de bâches qu’il accroche et expose. « Je suis là-dessus en ce moment », dit-il, montrant sa capacité à évoluer et à explorer de nouveaux médiums. Son atelier, qu’il décrit simplement, est un lieu de création où peu de choses suffisent à nourrir son processus artistique.

La prochaine créativité

En parlant de ses projets futurs, il reste évasif mais déterminé. « Je cherche une bagnole en ce moment. Donc je suis venu. D’ailleurs, là j’ai cassé la mienne », dit-il, illustrant une fois de plus sa vie où l’art et le quotidien sont inextricablement liés.

Un créateur ancré dans son temps

Eric Andreatta, bien que discret, laisse une impression durable par sa façon de transformer le banal en quelque chose de significatif. Sa vision, où chaque objet peut devenir une œuvre d’art, reflète une philosophie de vie où l’utilité et l’esthétique se rencontrent et se complètent. À travers ses créations, il nous invite à repenser notre relation aux objets et à voir la beauté dans l’ordinaire.


L’atelier de récupération

Pour ceux qui souhaitent découvrir ses œuvres, il ouvre volontiers son atelier à ceux qui le contactent. « Si tu me contactes, tu me demandes, je te reçois », dit-il, rappelant une fois de plus l’importance du regard des autres dans son travail. En suivant cette philosophie, il crée un espace où l’art est accessible et où chaque visiteur peut devenir une partie de son processus créatif.

VC avec IA