Karine Vasseur

« La violette, forcément » : dans le village des artisans, Karine Vasseur perpétue la tradition glacée

À Tourrettes-sur-Loup, la glace artisanale ne se contente pas d’être rafraîchissante. Elle devient le vecteur d’un héritage local, d’un savoir-faire familial et d’un goût assumé pour la créativité. Portrait de Karine Vasseur, artisane glacier au cœur du pays de la violette.


« La violette, forcément »

Quand on pousse la porte de la boutique de Karine Vasseur, à Tourrettes-sur-Loup, on est immédiatement happé par les parfums : violette, bien sûr — spécialité du village oblige —, mais aussi rose, jasmin ou fleur d’oranger. Des glaces florales, étonnantes et délicates, qui font la signature de cette enseigne artisanale.

« La violette, forcément, puisque c’est la spécialité du village », dit Karine avec évidence. Elle parle de ses créations comme d’un artisan parlerait de ses outils : avec précision, mais aussi avec une pointe de malice. « Ce sont des goûts un peu hors du commun », ajoute-t-elle, consciente que sa palette sensorielle sort des sentiers battus.

« Ma passion, c’est les gens »

Ce qui l’anime, pourtant, ne tient pas seulement au goût. « Ma passion, c’est les gens », confie Karine, les yeux brillants. Derrière le comptoir, c’est le contact humain qui la fait vibrer. Elle veut que chacun se sente à l’aise, que les clients prennent le temps, regardent autour d’eux, s’imprègnent du lieu. « C’est ça qui me fait plaisir. »

Son glacier, elle l’imagine comme un espace vivant, presque une scène de théâtre où l’on vient déguster une boule de glace autant qu’une ambiance. Un peu girly, un peu street, dit-elle. Un savant mélange de douceur et de spontanéité.

« C’est un village d’artisans »

À Tourrettes-sur-Loup, la glace est plus qu’un produit : c’est une extension du patrimoine local. Le village a su préserver son âme, et avec elle, une certaine exigence en matière de fabrication. « On a gardé ce côté-là », insiste Karine, évoquant la nécessité presque morale de travailler avec un artisan glacier. Un choix qui relève autant de l’éthique que de la qualité.

Cette authenticité se retrouve dans chaque détail : les recettes, bien sûr, mais aussi l’accueil, le décor, l’ambiance. Rien n’est laissé au hasard. L’artisanat ici n’est pas une tendance, c’est une culture.

« Ça fait 23 ans qu’on fait tourner la boutique »

L’histoire commence avec ses parents, venus en vacances dans le Sud alors que Karine n’avait que quinze ans. « Ils sont tombés amoureux du village », raconte-t-elle. Un coup de foudre qui les pousse à quitter Paris pour s’installer à Tourrettes-sur-Loup, où ils reprennent une boutique déjà existante.

Depuis, cela fait plus de deux décennies que la famille fait tourner le commerce, « à tour de rôle ». Karine, elle, entame sa troisième saison. Cuisinière de formation, elle a trouvé dans la glace une nouvelle matière à explorer, avec cette même attention au goût, à l’équilibre, à la transmission.

« J’aime que les gens se sentent à l’aise »

L’âme de la boutique, c’est Karine. Elle en parle comme d’un lieu de vie, un espace où l’on entre sans se presser, où l’on s’attarde, où chaque parfum raconte une histoire. Un endroit pensé pour que chacun se sente bien, accueilli, considéré.

Ce souci du détail, ce goût du partage, c’est ce qui transforme une glace en expérience. « J’aime que les gens se sentent à l’aise », répète-t-elle. Comme un mantra. Et c’est sans doute pour cela qu’on y revient, été après été.


BP + IA

30 mars 2025