Ludwig Longuevergne

Passion et savoir-faire : le parcours de Ludwig Longuevergne, artisan de la crème de marron

À l'heure où les métiers artisanaux peinent parfois à séduire les nouvelles générations, Ludwig Longuevergne a fait de la crème de marron sa passion et son métier. Rencontre avec un artisan qui perpétue une tradition ancrée dans l'authenticité et le travail manuel.


« On travaille qu'avec des commerçants locaux »

Pour Ludwig Longuevergne, l’artisanat ne se limite pas à la production, mais embrasse une philosophie de vie. « On travaille qu'avec des commerçants locaux », confie-t-il, évoquant la solidité et la proximité des relations professionnelles qui sous-tendent son activité. À une époque où la standardisation domine le secteur alimentaire, il mise sur les circuits courts et la coopération locale pour valoriser la qualité et la traçabilité de ses produits. En ne travaillant qu’en foire, il s’assure aussi de rester proche de son public et de ses clients.

« La crème de marron, c'est beaucoup de travail »

La confection de la crème de marron artisanale est un processus exigeant, qui commence par la récolte manuelle des châtaignes, souvent le défi le plus éprouvant du métier. « Le plus compliqué, c'est de ramasser les châtaignes », explique Ludwig. Une fois les fruits récoltés, un long travail de préparation démarre. La cuisson, le retrait minutieux des peaux internes et externes des châtaignes demandent patience et précision. « Il y a deux chaires à enlever, ce qui n'est pas évident », ajoute-t-il, soulignant la minutie et la rigueur nécessaires pour chaque étape.

« Ce métier, on me l’a appris »

Ludwig doit sa maîtrise du métier à une rencontre formatrice avec un aîné passionné, aujourd'hui âgé de 70 ans, qui lui a transmis les techniques et les secrets de la fabrication de la crème de marron. « Moi je l'ai découvert en travaillant avec une personne qui m'a appris ce métier », dit-il avec reconnaissance. Cette transmission intergénérationnelle ne se contente pas de techniques, elle porte aussi les valeurs d'un savoir-faire précieux et la patience requise pour le perpétuer.

« Un métier dur, mais passionnant »

Si la première prise de contact avec cet artisanat fut difficile, Ludwig parle aujourd'hui de son travail avec une passion indéniable : « C'était très dur, mais ça m’a vraiment motivé et aujourd'hui je suis passionné de ça. » Ce sentiment de persévérance est essentiel dans son quotidien, rythmé par les gestes précis et répétés qui forgent la qualité de ses produits. Ce métier l’a façonné autant qu’il façonne, jour après jour, les marrons en une crème délicate et savoureuse.

« On essaye de garder ce côté ancien »

La crème de marron incarne bien plus qu’une saveur, elle porte l’héritage d’une tradition ancienne. « Ce n'est pas de notre génération », reconnaît Ludwig. À travers son travail, il cherche à conserver l’essence d’un savoir-faire qui traverse les époques, préservant des goûts authentiques, parfois oubliés. Cette recherche de l’authenticité, il la traduit en termes de « force » et de « saveur », des qualités qui, pour lui, se trouvent dans chaque pot de crème qu’il confectionne.

Une tradition portée vers l’avenir

Alors que de nombreuses traditions disparaissent face à l’industrialisation, Ludwig Longuevergne incarne la persévérance et la passion de l’artisanat. Son engagement pour le travail bien fait, ancré dans une relation de proximité avec les commerçants locaux, prouve que l’artisanat a encore un avenir dans un monde en quête de sens et d'authenticité.