Pascal Parizel

Pascal Parizel : « L’humain est au cœur de notre auberge »

À Gréolières-les-Neiges, station méconnue des Alpes-Maritimes, Pascal Parizel a fait de son auberge un havre de convivialité et d’authenticité. Son credo : une expérience montagnarde unique, loin des standards des grandes stations. Un pari audacieux dans une région où le tourisme hivernal peine parfois à attirer les foules.


« Nous voulons faire découvrir la montagne et ses produits »

Dès les premiers échanges, le ton est donné. « Donner du bonheur », voilà la mission que s’est fixée Pascal Parizel en reprenant l’Auberge Alpina. Ce passionné de restauration et d’hôtellerie souhaite avant tout offrir une expérience authentique. « On veut vraiment faire découvrir la montagne à nos hôtes et leur proposer une cuisine à base de produits régionaux, que je vais chercher directement chez les producteurs locaux », explique-t-il.

Un choix qui ne facilite pas la logistique, mais qui correspond à sa vision du métier : « Ce n’est pas simple, bien sûr, car il faut parfois parcourir 25 kilomètres pour aller chercher du pain, mais cela fait partie de l’ADN de l’auberge », raconte-t-il. Sa philosophie repose sur le circuit court et le respect des saisons : « Je refuse de servir une salade de tomates à Noël parce qu’on n’a pas de tomates en France à cette période, encore moins en montagne. »


« Nous sommes une auberge trois étoiles, mais ce que nous vendons, c’est une expérience »

Située dans une petite station qui peine à attirer du monde en dehors des périodes enneigées, l’Auberge Alpina affiche pourtant trois étoiles. Un positionnement qui pourrait sembler démesuré, mais Pascal Parizel assume ce choix. « La montagne ne se limite pas au ski. Le printemps et l’été sont des saisons merveilleuses ici. Quand on vient de la Côte d’Azur, il suffit de 45 minutes de route pour profiter de la fraîcheur de l’altitude », argumente-t-il.

Loin de se cantonner à une offre classique d’hébergement, l’aubergiste met en avant une véritable expérience de vie. « Nos clients ne viennent pas seulement pour dormir et manger. Ils viennent chercher une atmosphère, une convivialité. On donne de l’amour, on aime nos hôtes. L’auberge, c’est comme une grande maison de famille », insiste-t-il. Avec une équipe réduite de trois personnes, la gestion quotidienne n’est pas de tout repos, surtout lors d’événements d’envergure comme le Canicross, qui a récemment attiré 200 équipages dans la station. « Dans ces moments-là, nous louons d’autres hébergements et remplissons aussi les restaurants voisins, car nous n’avons pas la capacité d’accueillir tout le monde », précise-t-il.


« Après avoir ouvert 140 hôtels, je me suis retrouvé ici par hasard »

Le parcours de Pascal Parizel est riche et atypique. « J’ai 40 ans d’expérience dans l’hôtellerie et la restauration. J’ai ouvert 140 hôtels dans 32 pays, travaillé pour un grand groupe hôtelier, puis un jour, un ami m’a présenté le propriétaire de l’auberge. Trois jours plus tard, j’étais à Gréolières », raconte-t-il avec amusement.

Après une vie de globe-trotter, il semble avoir trouvé ici un équilibre. « On est proche du paradis. L’été, je pêche la truite au lac de Thorenc, je rencontre des producteurs passionnés. C’est une vie simple mais profondément enrichissante », confie-t-il.


« Nous croyons en Gréolières-les-Neiges, été comme hiver »

Si l’engagement de Pascal Parizel est sans faille, il espère que les acteurs locaux suivront le mouvement. « Nous croyons en cette destination quatre saisons. Mais il faut que les élus nous soutiennent », plaide-t-il. Malgré les difficultés, il reste optimiste pour l’avenir de son auberge : « Ce que nous avons mis en place commence à porter ses fruits. Il faut maintenant que cela grandisse encore. »

En attendant, Pascal Parizel continue de faire vivre son rêve : une auberge où l’humain reste au cœur de tout.

BP +IA