Pierre-Alexandre Mattei

Pierre-Alexandre Mattei : Défis et promesses de l’intelligence artificielle au cœur de Sophia Summit

À Sophia Antipolis, lors de la conférence interdisciplinaire Sophia Summit, Pierre-Alexandre Mattei, chercheur en intelligence artificielle, a partagé ses réflexions sur les dangers, les potentiels et les responsabilités liés à cette technologie. Entre mathématiques et éthique, il explore les questions qui façonnent l’avenir de l’IA.


« Les biais des modèles d’intelligence artificielle sont un enjeu majeur »

Pour Pierre-Alexandre Mattei, l’essor de l’intelligence artificielle (IA) n’est pas exempt de risques. « Les modèles sont capables de reproduire des biais néfastes existants, que ce soit dans les bases de données ou dans la connaissance humaine », explique-t-il. Ces biais, ancrés dans les données d’entraînement, peuvent perpétuer des discriminations ou distorsions déjà présentes dans la société.

La prise de conscience de ces dangers n’a jamais été aussi cruciale, alors que l’IA s’immisce dans des domaines variés, allant de la médecine au diagnostic clinique, en passant par la prédiction climatique. Face à ces enjeux, Mattei souligne l’importance d’une réflexion éthique sur la conception et l’utilisation des modèles intelligents.


« Mon quotidien ? Des équations et beaucoup de lectures »

Chercheur orienté sur le versant mathématique de l’IA, Pierre-Alexandre décrit son travail comme ancré dans la rigueur scientifique. « Mon quotidien, c’est de faire pas mal d’équations de maths, de lire des articles, des bouquins et d’implémenter ces équations sur ordinateur », confie-t-il.

Cette approche technique ne l’éloigne pas des problématiques concrètes : les applications de l’IA, qu’il s’agisse de prédire des phénomènes physiques, d’anticiper l’évolution de maladies ou d’assister les professionnels de santé, s’appuient sur ces solides fondations mathématiques.


« Copyright et modèles génératifs : un débat brûlant »

Au-delà des enjeux techniques, Mattei insiste sur une question qui agite le monde de l’IA : le copyright. « Les modèles génératifs soulèvent beaucoup de questions, notamment sur l’utilisation de bases de données d’entraînement protégées », précise-t-il.

Ces interrogations mettent en lumière un défi pour les chercheurs et les entreprises. L’utilisation non encadrée de données sous copyright risque de freiner l’innovation tout en exposant les acteurs de l’industrie à des litiges juridiques. Selon Pierre-Alexandre, des discussions ouvertes et transparentes sont essentielles pour lever ces ambiguïtés.


« Démystifier l’intelligence artificielle »

Présent à Sophia Summit, une conférence réunissant experts industriels et académiques, Pierre-Alexandre Mattei met en avant l’importance d’un dialogue interdisciplinaire. « C’est un sujet qui est maintenant presque partout, au-delà du monde académique et industriel. Du coup, c’est important d’en discuter et de démystifier ça », affirme-t-il.

Cet effort de vulgarisation est essentiel pour rassurer le public face à une technologie souvent perçue comme obscure, voire menaçante. Pour Mattei, expliquer l’IA et ses implications est une étape clé pour en maximiser les bénéfices tout en limitant les risques.


Un équilibre à trouver entre potentiel et responsabilité

Les propos de Pierre-Alexandre Mattei témoignent d’une vision lucide et équilibrée : si l’intelligence artificielle promet des avancées significatives dans des domaines critiques, elle nécessite également un cadre éthique et technique robuste. « Il y a beaucoup de dangers, mais aussi beaucoup de potentialités », résume-t-il.

Alors que l’IA redéfinit progressivement nos sociétés, les chercheurs comme Mattei jouent un rôle essentiel pour éclairer les opportunités et baliser les limites. À travers des initiatives comme Sophia Summit, l’avenir de cette technologie se construit, pas à pas, entre mathématiques, collaboration et éthique.

DB + IA