Richard Pellegrino

Richard Pellegrino : L'art de sculpter la fragilité humaine


Depuis trente ans, Richard Pellegrino façonne des sculptures avec un matériau de prédilection : la récupération. Cet artiste passionné par l'art explore la terre avec patience, cherchant à traduire la fragilité de l'être humain à travers des formes en mouvement, des têtes de chevaux et des licornes. Portrait d’un sculpteur à la recherche constante de sa démarche personnelle.


« Un travail de patience, de longue haleine »
Richard Pellegrino ne précipite rien. Au contraire, il apprivoise le temps pour travailler la terre avec une grande patience. « Avec la Terre, justement, on ne veut pas précipiter les choses, accélérer. Il faut être patient. » Cette approche lente et réfléchie est au cœur de son processus de création. Elle lui permet de donner vie à des sculptures qui, bien que réalisées à partir de matériaux de récupération, semblent habitées par une certaine poésie.

Cela fait trente ans que Richard travaille de cette manière, explorant sans cesse de nouvelles formes et de nouvelles matières. « Ça fait une trentaine d'années que je travaille avec de la récupération. C'est comme ça que ça a commencé », explique-t-il. Cette démarche artistique, ancrée dans le respect des matériaux, lui a permis de développer un langage visuel unique, cherchant à insuffler du mouvement à ses œuvres.

« J'essaie de donner du mouvement à mes sculptures »
L'art de Richard Pellegrino n'est pas purement décoratif. Ses sculptures racontent des histoires, portent des messages, et traduisent des émotions. « J'essaie de donner du mouvement à mes sculptures, de ne pas les rendre trop décoratives. J'essaie de mettre un message derrière », confie l'artiste. C'est cette volonté de communiquer des idées, de susciter des réflexions chez le spectateur, qui donne à ses œuvres une profondeur particulière.

À travers une série de sculptures, l'artiste explore le thème des centaures, ces créatures mythologiques mi-hommes, mi-chevaux. Au fil de son travail, ces centaures ont donné naissance à une nouvelle série : celle des têtes de chevaux, puis des licornes. « J'avais commencé une série de centaures et je me suis retrouvé avec une série de têtes de chevaux. Et voir la tête de cheval, donc licorne aussi. Donc c'est devenu licorne. » L'animal mythique est alors devenu un sujet récurrent dans l'œuvre de Richard Pellegrino, un symbole de liberté et de fragilité.

« La fragilité de l’être humain guide mes sculptures »
Ce fil conducteur, cette source d’inspiration constante pour Richard, c’est la fragilité humaine. « En fait, c'est la fragilité de l'être humain qui guide mes sculptures », explique-t-il. L'incertitude de la condition humaine, la vulnérabilité, les difficultés rencontrées au fil de la vie, sont autant de thèmes qu’il tente de traduire dans ses œuvres.

Sa pratique de la sculpture lui permet d’apprendre sans cesse, de se remettre en question et de sortir de sa zone de confort. « Ce qui m'intéresse, c'est ce côté un peu incertain et les nouvelles difficultés qui arrivent. J'ai l'impression d'apprendre, d'apprendre et de ne pas me reposer sur une forme d’acquis et de routine. » Pour Richard, l’art est un processus d'évolution permanente, une quête de sens et de dépassement de soi.

« Ma ville de cœur »
Richard est également profondément attaché à sa ville, qu’il qualifie de « ville de cœur ». C’est ici qu’il puise une partie de son inspiration, observant les expositions de ses collègues artistes, les voyant travailler la terre, explorant les possibilités infinies qu’offre ce matériau. « C'est le fait de voir des expos, des collègues travailler la terre et voir ce qu'on peut faire avec, ce qui m'a incité à franchir le pas », explique-t-il.


En sculptant la fragilité de l'être humain, Richard Pellegrino nous invite à contempler notre propre condition, à nous questionner sur notre existence, et à apprécier la beauté des formes en mouvement qui traduisent si bien la complexité de la vie.