Sylvain Cormenier

Sylvain Cormenier : "Les dangers de l’alcool sont souvent sous-estimés"

Sur un stand de prévention, Sylvain Cormenier sensibilise le public aux risques de l’alcool, notamment au volant. À travers des expériences interactives, il met en lumière les effets méconnus de la consommation d’alcool sur la perception et la coordination.


"On leur montre ce qu’ils voient après avoir bu"

Travaillant pour la Mutualité française, Sylvain Cormenier est engagé dans la prévention des risques liés à l’alcool. Son stand propose une expérience marquante : un parcours alcool avec des lunettes simulant différents niveaux d’alcoolémie.

"Les gens ont l’impression d’être ivres à 0,5 g/l, ce qui leur permet de réaliser l’altération de leur vision", explique-t-il. "Le champ de vision se réduit, la perception de la hauteur et de la largeur est faussée, et même marcher devient difficile."

Un autre exercice consiste à essayer d’insérer une clé dans une serrure sous l’effet simulé de l’alcool. "C’est hyper compliqué, et ça illustre bien la perte de coordination."

"On boit plus qu’on ne le pense"

Un autre test surprend souvent les participants : le verre doseur. "Il montre aux gens qu’ils consomment souvent plus d’alcool qu’ils ne le pensent", raconte Sylvain.

L’expérience est simple : les visiteurs versent eux-mêmes une dose d’alcool comme ils le feraient chez eux. "Un jeune a servi un verre de pastis et a mis le double de la dose recommandée", illustre-t-il.

Mais l’objectif n’est pas de culpabiliser. "On veut juste les faire réfléchir aux dangers d’une consommation excessive, surtout quand on prend le volant ensuite."

"À partir de cinq verres par semaine, on est considéré comme alcoolique"

Mais à partir de quand parle-t-on d’alcoolisme ? La réponse peut surprendre. "L’État considère qu’une personne qui consomme plus de cinq verres par semaine est alcoolique", précise Sylvain.

Cependant, il distingue l’alcool festif de la dépendance. "On peut boire à domicile ou en soirée, tant qu’on ne prend pas de risques derrière, notamment en conduisant."

Un autre mythe qu’il démonte : "Plus on boit, plus on croit être habitué, mais en réalité, la vision reste altérée de la même manière. Seuls les effets physiques, comme la démarche instable, peuvent être atténués."

"Un simple verre peut suffire à dépasser la limite légale"

Un outil clé de la prévention est un petit carnet informatif. "Il explique combien de grammes d’alcool on absorbe en fonction de son poids et de son sexe", détaille Sylvain.

"Par exemple, un homme qui boit un verre d’alcool est en moyenne à 0,25 g/l. Avec deux verres, il atteint 0,45 g/l, et au troisième verre, il dépasse la limite légale de 0,5 g/l."

Le document indique aussi le temps nécessaire pour éliminer l’alcool. "C’est un rappel important : l’alcool reste plus longtemps dans le sang qu’on ne le pense."

"Faire attention, c’est protéger sa vie et celle des autres"

L’engagement de Sylvain Cormenier est clair : il veut prévenir plutôt que guérir. "Les gens ne se rendent pas compte des risques. Une prise de conscience peut suffire à éviter un drame."

Son message est simple : "Boire avec modération, c’est bien. Mais savoir quand s’arrêter et ne pas prendre de risques, c’est encore mieux."

DB + IA

07/03/2025