Tom Le Goff
Tom Le Goff : Transmettre l’amour du sol et de la vie
À 30 ans, Tom Le Goff vit sa passion pour l’agroécologie à travers un métier où se mêlent pédagogie et engagement environnemental. De l’étude des insectes à l’encadrement en maraîchage bio, il met en lumière l’importance du sol, souvent méconnu mais essentiel à notre avenir.
« Les vers de terre sont nos alliés invisibles »
Tom Le Goff, agroécologiste de formation et passionné d’entomologie, a trouvé sa vocation dans la transmission. Ses journées se partagent entre l’encadrement technique en maraîchage bio et l’animation d’ateliers pédagogiques. À travers ces activités, il accompagne des employés en transition professionnelle tout en sensibilisant petits et grands à la richesse du sol et à la nécessité de le préserver.
Lors d’un atelier récent, il a fait découvrir aux enfants le rôle crucial des vers de terre, véritables architectes du sol. « Avec un simple protocole à base de moutarde et d’eau, on peut les observer. Cela permet de comprendre pourquoi ils sont essentiels : ils aèrent la terre et transforment la matière organique en nutriments pour les plantes », explique-t-il. Ce genre d’expérience ludique séduit les jeunes participants et, souvent, surprend les parents. « Ils repartent avec des étoiles dans les yeux, conscients des enjeux agricoles. »
« Labourer le sol, c’est le fragiliser »
Pour Tom, l’un des messages clés qu’il transmet concerne les dangers du labour. « À court terme, on mélange les couches du sol et on stimule la croissance des plantes, mais à moyen et long terme, c’est néfaste. Cela détruit les organismes essentiels, comme les bactéries, les champignons et les vers de terre », insiste-t-il.
Le sol, s’il est malmené, devient compact, pauvre et dépendant d’intrants chimiques. « Sans vie dans le sol, les plantes ont du mal à puiser les nutriments dont elles ont besoin. C’est un cercle vicieux que nous devons briser. »
« Une cuillère de sol, plus peuplée que la Terre entière »
Une anecdote que Tom aime partager illustre la richesse insoupçonnée du sol : « Dans une simple cuillère à café de terre, il y a plus d’organismes vivants que d’êtres humains sur Terre. » Bactéries, champignons, insectes microscopiques... Cette vie invisible est le moteur de l’écosystème agricole. Pourtant, sa complexité rend son étude difficile.
Pour pallier ce manque de connaissances, Tom s’efforce de vulgariser et de sensibiliser. Lors de ses ateliers, il ouvre une fosse pour montrer la structure du sol et invite à découvrir le rôle de chaque couche. « Ce travail de terrain est crucial pour comprendre pourquoi et comment agir. »
« Redonner envie de cultiver autrement »
Au-delà de la transmission des savoirs, Tom s’investit dans la mise en pratique de solutions durables. En visitant la pépinière ou la ferme de lombricompostage où il travaille, les participants apprennent comment les vers transforment les déchets organiques en compost riche. Ces pratiques illustrent une agriculture régénérative, respectueuse de l’environnement.
Sa mission va bien au-delà du simple apprentissage. « Mon but est que les gens prennent conscience que le sol est un trésor. S’ils repartent avec cette idée, c’est gagné », conclut-il. Grâce à des initiatives comme celles de Tom, une nouvelle génération se forme à l’agroécologie, prête à cultiver un avenir plus sain.
BP + IA